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Une association d’auteurs, « Les Dessin’ Acteurs », propose à Emmanuel Lepage de faire partie du voyage organisé à Tchernobyl, 22 ans après la catastrophe. Il s’agit d’une association engagée via le dessin d’investigation. Grâce à des appels à financements, les membres de l’association organisent des voyages-reportages sur des sites ciblés, afin de témoigner par le dessin des réalités du terrain et de lever des fonds pour venir en aide aux victimes, ici les enfants contaminés de Tchernobyl. De ce voyage naîtront trois ouvrages : « Les fleurs de Tchernobyl », « Carnets de voyage en terre irradiée », édités par l’association, et « Un printemps à Tchernobyl ».

Le voyage a duré 15 jours, aux frontières de la zone interdite. Avec Gildas Chasseboeuf le photographe, Ania la traductrice, Cathy journaliste à Télérama, ils filent vers Kiev, Tchernobyl, Pripiat. Emmanuel Lepage nous raconte la décision, difficile à prendre, de partir en zone contaminée, le voyage, les lectures en amont sur la catastrophe et ses dégâts. Il nous raconte le site, l’histoire, celle des liquidateurs qui prirent les morceaux de graphite à pleines mains pour les jeter dans la gueule béante du réacteur et qui sont morts pour sauver l’Europe, pour nous sauver. Il raconte la zone interdite, le sarcophage, les villages abandonnés, la ville fantôme de Pripiak. Les planches de dessin sont impressionnantes et magnifiques. Comment faire passer à travers le dessin le ressenti face à ces paysages de désolation ? Du noir et blanc, du fusain, des craies grasses aux tons ocres ou bleutés, quelques touches de couleurs, parfois, parce que parfois, la vie est là, aussi, au milieu de la mort qui rôde ici depuis 22 ans.

Puis la couleur prend le dessus en fin d’ouvrage, comme la vie prend le dessus. Le présent victorieux sur le passé, la chaleur humaine plus forte que les radiations, la vie malgré tout, l’amour, la musique, les sourires. On sent peu à peu l’inquiétude s’apaiser, la boule au ventre disparaître, le cœur se vider de sa tristesse pour se remplir de joie. Les enfants, leurs jeux, les villages qui résistent, les jeunes qui restent : cette terre qui semblait morte regorge d’animaux, de fleurs, de lacs, de soleil. Des gens vivent là. C’est cette réalité-là, aussi, que l’auteur ramène dans sa valise. Venu se confronter à la mort, c’est finalement la vie qui l’a surpris.

 

Un Printemps à Tchernobyl

Emmanuel Lepage

Editions Futuropolis (2012)

 

 

 

 

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Pour aller plus loin

 Article de « Rue 89 »

 Les Dessin’ Acteurs

 

 

 

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