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Dans ma série de billets d’humeur devenue culte, « Hubert a des p*bip*ains de problèmes dans la vie », je souhaitais aborder aujourd’hui : Mes 50 ans.

 

On est jeune. On s’en fout. Tout nous indiffère car on croit dur comme fer (et ça rime…) que tel sera notre état, immuable, permanent, et ce pour toute la durée de notre éternelle existence. Et puis un jour, en une ellipse, une perte de mémoire momentanée, on se retrouve dans un autre corps.

Les signes de la vieillesse se manifestent par à-coups. On ne semble pas changer pendant des années et puis ça vous tombe sur le coin de la gueule, comme ça, un pauvre matin blême, alors que vous jetiez un regard encore endormi, mais pétri de certitudes, dans le miroir de la salle de bain.

La surprise et l’étonnement font vite place à l’effroi. Et le constat est impitoyable… Vous avez des cernes et des plis qui n’étaient pas là avant, et qui ne semblent plus vouloir s’estomper depuis que vous les avez découverts… Oui, ceux-là, juste sous vos yeux qui ont d’ailleurs rétréci. Et au-dessus des yeux, on peut noter comme un affaissement des paupières, dans les coins. Tout votre regard paraît voilé… L’expression que vous affichiez encore hier soir, pétillante, arrogante, est aujourd’hui celle de quelqu’un qui exprime la lassitude, la fatigue comme nouvelle teinte de peau.

Alors, on se calme et on se dit que c’est le temps, probablement, et cette petite grippe qui n’en finit plus de nous asticoter. Demain, un peu d’ U.V., de la crème Machin, des fruits bios… et il n’y paraîtra plus ! Les jours passent. Vous allez vaquer à vos occupations. Ces mois de merde, avec leurs journées qui se finissent en plein après-midi, se font racheter par le printemps. Le beau temps revient.

Un matin, de nouveau devant ce satané miroir au dessus du lavabo, vous n’en croyez tellement pas ces yeux que vous ne reconnaissez plus. Les poches et les cernes, les rides et cette teinte sur votre visage, se sont accentuées. La fraîcheur a cette fois-ci bel et bien disparu. Et vous ressemblez de plus en plus à un portrait de Bernard Buffet.

Mais bon dieu, qu’est-ce qui se passe pendant que vous dormez ? Ils ont les clés de chez vous, ça n’est pas possible autrement… Bande de fumiers. Ah, les salauds ! Dans la rue, les magasins, partout, on vous appelle désormais « monsieur ». On vous vouvoie. C’est immonde, inacceptable. Voilà, ça se passe comme ça, sans que l’on nous demande notre avis sur la question. Ni vote ni référendum !

Il y aurait pu y avoir une autre manière de voir les choses. Par exemple, on accepte de mourir, ok, mais on reste jeune toute la vie et puis quand c’est l’heure de partir, « paf », on meurt. C’est tout… Net, simple, un peu comme quand votre ordinateur vous lâche.

Mais celui ou celle qui a paramétré nos vies semble avoir prévu l’exact contraire. Il s’est dit un truc du genre : « tiens, ce qui serait plutôt sympa, ce serait de garder en forme le vivant dans son corps un quart de son existence et puis après, jusqu’à la fin, il n’en finirait plus de s’étioler, lentement mais sûrement, sur une durée restant à déterminer, mais qui pourrait aller jusqu’à 50 ans. Allez, 60, mais par pure gourmandise… Un peu comme une fleur qui se fane en slow-motion. Ce serait drôle, non ? ». Ben non, justement, pas drôle du tout !

Parce qu’avoir 50 ans, c’est quand même tout un concept. C’est comme avoir la tête de Michel Piccoli. C’est se retourner sur sa vie passée pour ensuite regarder ce qu’il va rester, tout en pensant à ce que l’on va bien pouvoir en faire. Marié ou pas, enfants, chat, chien, perruche ou célibataire, 50 ans, on n’est pas à l’abri d’un petit touché rectal pour prévenir des laideurs à venir…

Alors peut-être vaut-il mieux le prendre avec ce petit côté revenu de tout, en conservant précieusement les expériences acquises. Ces moments chouettos que tous les petits couillons nés après 2000 ne connaîtront jamais. Et un regard cauteleux à souhait jeté sur ces mouflets qui s’agitent dans leur puérilité joyeuse et béate.

Bref, j’ai 50 ans et je vous emmerde.

Mais vous n’êtes pas obligés de me croire…

 

 

 

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