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         « FOCUS » : un article de fond sur un thème que nos rédacteurs ont sélectionné.

 

 

L’année 1979 est définitivement une année-charnière, comme la fin d’un cycle. Elle scelle le sort des dernières utopies. Le monde prend une pelle et enterre à la hâte les cadavres encore fumants de nos illusions perdues. Après 1979, rien ne sera plus vraiment comme avant…

 

Coincée à la fin d’une décennie qui paraît un peu creuse, durant laquelle les dirigeants politiques semblent manquer de charisme (le pâle Carter face au cowboy médiatique Reagan, VGE après De Gaulle et Pompidou), l’année 1979 n’attire décidément pas les flashes. Et pourtant… Que d’événements considérables ont eu lieu cette année-là, autant de tremblements qui ont marqué la face du monde et dont on ressent encore les répliques quarante ans plus tard.

Révolution iranienne, arrivée de Saddam Hussein au pouvoir en Irak, début de la Guerre d’Afghanistan qui mènera à la chute de l’URSS et à l’apparition du terrorisme islamiste, second choc pétrolier et crise économique mondiale, paix entre Israël et l’Egypte, fin des Khmers Rouges… Il n’est pas insensé de penser que 1979 a en réalité été l’année la plus importante de l’après-Seconde Guerre Mondiale.

 

En France, les premiers jeux vidéo font leur apparition dans les années 70 et vont connaître un engouement immédiat, qui ne se démentira plus. Le jeu Pong sur Atari VCS (Video Computer System) fait une entrée fracassante au coeur des foyers français, tandis que les premiers jeux d’arcade viennent supplanter les bons vieux flippers dans les cafés. La Révolution est en marche et ne pourra plus être stoppée.

 

L’idée de créer le premier jeu vidéo remonte en fait à 1951. Ralph Baer, un ingénieur américain, future icône des gamers, se voit confier la mission de concevoir le meilleur téléviseur au monde par la société qui l’emploie, le fabricant de postes de télévision Loral Electronics. Rien que ça… Il pense y intégrer un module de jeu, mais l’idée ne sera pas retenue. A noter aussi que cette année 1951 voit la naissance de la société Sega au Japon, en pleine guerre de Corée, dont l’activité principale est l’importation et la maintenance de juke-boxes, à destination des bases militaires américaines présentes sur le territoire japonais durant le conflit.

 

 

 

Le tout premier jeu vidéo de l’histoire sera finalement créé un an plus tard, en 1952, par un Anglais, A.S. Douglas, un chercheur de l’Université de Cambridge qui tente d’illustrer sa thèse sur l’interaction entre l’homme et l’ordinateur. Il s’agit d’un jeu de réflexion prénommé « OXO », dans lequel l’humain joue contre l’ordinateur. La règle semble simple mais constitue néanmoins une gageure technologique majeure : le gagnant est le premier des deux joueurs qui réussira à créer un alignement de points.

OXO, considéré comme le premier jeu vidéo de l’histoire, même si ce fait est contesté par certains historiens du jeu vidéo, n’est en fait que la transposition à l’écran d’un  jeu vieux comme le monde : le Morpion. Mais OXO n’aura aucun succès… Et pour cause, l’ordinateur sur lequel il a été conçu, l’EDSAC, ou Electronic Delay Storage Automatic Calculator, à savoir le tout premier ordinateur primitif à tubes à vide électronique, n’existe qu’à l’université de Cambridge…

 

 

 

En 1958, Willy Higinbotham, un physicien du Brookhaven National Laboratory (centre de recherche nucléaire gouvernemental) crée le premier jeu vidéo multi-joueurs de l’histoire, sur un ordinateur analogique couplé à un oscilloscope : un jeu de tennis dénommé « Tennis For Two ». A l’origine, l’ordinateur servait en fait à calculer les trajectoires des missiles nucléaires ! Le court est une simple ligne horizontale sur laquelle un point rebondit.

Il ne déposera aucun brevet pour cette première console de jeu car il n’y croyait pas… C’était pour lui un simple amusement conçu dans le but d’amuser les physiciens pendant les pauses café ! Le jeu vidéo multi-joueurs est donc né grâce à la guerre froide !

 

 

 

 

 

En mai 1962, trois étudiants au MIT, S. Russel, J.M. Graetz et W. Wiitanen, créent « SpaceWar! », le premier vrai jeu sur ordinateur (un PDP-1 conçu par la firme informatique américaine DEC, pour Digital Equipment Corporation, dont 50 exemplaires furent construits entre 1959 et 1970). Le jeu sera fourni avec chaque ordinateur vendu, au prix unitaire de 120.000 dollars de l’époque (par comparaison, la Cadillac Eldorado Biarritz était vendue 7 286 $ en 1959). « SpaceWar! » est un shoot ’em up multidirectionnel en deux dimensions qui met en scène deux vaisseaux dans un combat spatial, et qui doivent échapper à l’attraction d’une planète. Un étudiant qui deviendra célèbre dix ans plus tard y fera ses premières armes : Nolan Bushnell, le futur concepteur du mythique « Pong ».

 

 

 

En 1967, Ralph Baer réalise enfin son rêve, à savoir d’offrir un nouveau rôle au poste de télévision, en créant les premiers jeux jouables sur une télé : un jeu de tennis et un jeu de voitures. Baer est ainsi le véritable inventeur de la console de jeu, dont il dépose le brevet en 1968. Le premier jeu vidéo sur télé est né : « Chase Game », dans lequel un joueur pourchasse l’autre, qui disparaît lors d’une collision (un peu dans le même genre que Pac-Man). Amusée par le jeu, la direction ne s’oppose pas au projet et demande à l’équipe d’améliorer le prototype.

 

Game Chassis, TV Game Unit (1967)

 

Game Chassis, TV Game Unit (1967)

 

 

En 1971, Galaxy Game, la toute première borne d’arcade, est conçue à l’université de Stanford mais ne sera pas diffusée à grande échelle. Deux mois après Galaxy Game, Nolan Bushnell conçoit une machine au look futuriste : le Computer Space, un remake de « SpaceWar! » (dont il était fan) dans un boîtier très design et moderne ; c’est la vraie naissance des bornes d’arcade pour le grand public.

 

 

 

En 1972, l’Odyssey est conçue par l’icône des gamers, Ralph Baer, et commercialisée par Magnavox. La toute première console de salon est née ! L’Odyssey utilisait un système de calque que l’on déposait sur l’écran du téléviseur. Le grand public est cependant resté assez hermétique au concept… La console est encore considérée comme une extension de la télé et non comme un véritable appareil dédié au jeu, et beaucoup pensent à tort qu’elle fonctionne uniquement sur les téléviseurs de marque Magnavox…

Finalement, contre toute attente, le fait de pouvoir désormais jouer sur une télévision est un concept tellement inédit et révolutionnaire en ce début des années 70 qu’il nécessitera un certain temps d’adaptation pour que le public l’intègre pleinement.

 

 

 

Cette même année 1972 voit la naissance d’un futur géant du jeu vidéo, Atari. Atari est à l’origine une entreprise américaine fondée par Nolan Bushnell et Ted Dabney, considérée comme pionnière et fondatrice de l’industrie du jeu vidéo, devenue française en 2003 suite à son rachat par Infogrames. Elle se spécialise d’abord dans le développement des jeux vidéo mais se diversifie rapidement dans la fabrication de bornes d’arcade, de consoles de jeux ou d’ordinateurs personnels.

Les deux compères avaient initialement choisi le nom de « Syzygy » mais comme celui-ci était déjà déposé, ils se sont alors rabattus sur Atari, un terme japonais issu du jeu de Go.

 

 

 

Il aura donc fallu attendre 20 ans, et l’arrivée des ordinateurs à la maison, pour que le jeu vidéo prenne son envol. C’est « Pong », créé en 1972 par Nolan Bushnell, le PDG de la firme américaine Atari, qui marquera l’entrée en force du jeu vidéo dans le quotidien des gens et qui sera le tout premier jeu vidéo à connaître un succès planétaire. Le principe de Pong, c’est le tennis, tout simplement… La balle est lancée à partir du milieu de l’écran, dans une direction aléatoire, et les joueurs doivent se la renvoyer. Et Pong va faire un véritable carton…

Avec « Pong », Bushnell veut lancer un jeu simple et facile à comprendre (contrairement à Computer Space). Il sortira dans la foulée la borne d’arcade Pong, programmée par le génial Al Alcorn. Environ 10.000 bornes furent commandées, début du succès-story pour Atari !

 

 

 

 

En 1973, c’est la création de Konani, une société japonaise de développement et d’édition de jeux vidéo, l’une des plus importantes et célèbres du secteur. En 1974, Nintendo sort un jeu d’arcade basé sur un pistolet optique : « Wild Gunman ». À ses débuts, en 1889, la société produisait des cartes à jouer japonaises : les Hanafuda. C’est à partir des années 1970 que Nintendo a diversifié ses activités en concevant des jouets et des bornes d’arcade. Elle a été l’une des principales sociétés précurseurs du jeu vidéo. En 1975, Taïto sort « Gunfight », le premier jeu à utiliser un vrai microprocesseur plutôt que des transistors.

 

 

 

En 1976, La marque Coleco (Connecticut Leather Company) lance la Telstar, première console Pong utilisant des circuits intégrés (circuits analogiques auparavant), vendue 50$. On dénombrera neuf modèles différents et Coleco rencontrera un vif succès.

 

 

 

La même année, Fairchild Camera & Instruments lance son « Video Entertainment System », renommé « Channel F », la première console à utiliser des cartouches et à disposer d’un microprocesseur. Du côté de chez Steve Jobs & Steve Wosniak, futurs fondateurs d’Apple et employés à l’époque chez Atari, ils mettent au point « Breakout », sur une idée de Nolan Bushnell ; un jeu révolutionnaire de nouvelle génération, un casse-brique, qui sera conçu et réalisé en seulement cinq jours.

 

 

 

En 1977, Atari sort sa console Pong pour les foyers à 99$, l’Atari Pong C100, et passe à la vitesse supérieure en présentant dans la foulée une console de jeux ultra-puissante : l’Atari Video Computer System (VCS), renommée ensuite Atari 2600. A l’origine du projet, son petit nom de code était « Stella »… Elle sera lancée en décembre au prix de 199$, avec deux manettes et un jeu fournis. L’Atari 2600, c’est LA console mythique de l’histoire du jeu vidéo !

 

 

 

Toujours en 1977, Nintendo embauche Shigeru Miyamoto et sort sa première console de jeu « Pong », conçue en collaboration avec Mitsubishi Electronic : la Color TV Game 6. Alors, Miyamoto, ce sera accessoirement le co-créateur des franchises Super Mario, Donkey Kong, The Legend of Zelda, Star Fox, F-Zero et Pikmin pour le compte de Nintendo. Certains des jeux de ces séries sont considérés comme les meilleurs de leur génération, comme Super Mario Bros., Super Mario 64 ou The Legend of Zelda: Ocarina of Time. Un bon petit gars plein d’avenir…

 

 

 

1978, année majeure dans l’histoire du jeu vidéo… Taito Corporation sort « Space Invaders ». le jeu connaît d’abord un succès-monstre au Japon, avant de devenir le tout premier « Blockbuster » de l’histoire du jeu vidéo. C’est aussi le 1er jeu d’arcade qui sauvegarde le meilleur score. A partir de « Space Invaders », rien ne sera plus jamais comme avant…

De son côté, Magnavox lance l’Odyssey 2 aux USA, pour tenter de concurrencer l’Atari 2600. L’Odyssey 2 possède un clavier permettant de rentrer son nom dans les jeux, ou même de taper de petits programmes basiques, sans pouvoir néanmoins les sauvegarder…

 

 

 

1979… Je vous parle d’un temps que les moins de… de 50 ans ne peuvent pas connaître… Mais pour les autres, et plus particulièrement ceux nés entre 1960 et 1969, cette année 1979, c’est la double-peine. Tandis que les bornes d’arcade commencent à fleurir un peu partout en France, précipitant la disparition programmée des flippers et divers autres jeux mécaniques de cafés, Atari nous assénait un deuxième coup sur la tête, en sortant « Asteroids », en réponse au « Space Invaders » de Taito.

« Asteroids » sort donc en novembre 1979. Le succès est absolument phénoménal, au point qu’il demeure le jeu d’arcade le plus vendu de l’histoire d’Atari, avec environ 70.000 unités produites. La demande fut si importante qu’Atari arrêta la fabrication de « Lunar Lander », le premier jeu vectoriel de la firme, sorti seulement trois mois plus tôt, pour augmenter la capacité de productions des bornes « Asteroids ». Deux cent unités « Asteroids » restèrent ainsi habillées d’un meuble « Lunar Lander »… Sega a par la suite exploité le jeu dans les salles d’arcade japonaises.

Le 17 juin 1980, « Asteroids » et « Lunar Lander » sont les deux premiers jeux vidéo à être enregistrés au United States Copyright Office. « Asteroids » a ensuite été adapté successivement sur Atari 2600, Atari 7800, Atari 8-bit (1981), Atari 5200 (prototype seulement) et Game Boy (1991). Il est depuis régulièrement réédité sur des supports de nouvelles générations, notamment à travers des compilations comme « Atari Anniversary » et « Atari Anthology ».

 

 

 

Depuis « Pong » sorti en 1972, le jeu vidéo n’a eu de cesse que d’évoluer. Après Super Mario Bros, le tout premier héros de jeu vidéo né en 1985, les premières consoles de jeu apparues au milieu des années 80, de Game Boy à Playstation, en passant par XBox, vont bouleverser l’univers du jeu vidéo. Au point qu’aujourd’hui, on peut vivre des histoires complètement dingues en ne bougeant pas de son canapé, dans une réalité complètement reconstituée.

Et mieux encore, partager ces aventures et des émotions avec une infinité d’autres joueurs partout sur la planète, grâce au jeu vidéo en réseau. Aujourd’hui, un Français sur deux pratique un jeu vidéo de façon régulière. Autant d’hommes que de femmes, d’ailleurs… La moyenne d’âge des joueurs qui était de 21 ans en 1999 est aujourd’hui de 35 ans. Petits et grands, finalement, même combat…

Et cerise sur le gâteau, un succès mondial qui permet à la France de pousser un grand cocorico, puisque selon le rapport annuel du Syndicat des Editeurs de Logiciels de Loisirs, la France est le deuxième plus important créateur de jeux au monde, après les Etats-Unis.

Mais ça, c’est une autre histoire…

 

 

 

Editeur du Mag Instant City, Chasseur de Trésors, Taxidermiste de Souvenirs...

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