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A l’heure où de nombreux festivals doivent fermer leurs guichets faute de subventions des pouvoirs publics, on voit fleurir sur les réseaux sociaux de drôles de choix artistiques qui laissent perplexe.

D’abord il y a eu le Pont des Arts qui s’est mis au Street Art, nous dit-on. Qu’est-ce que le « Street Art » ou « Art Urbain » ? C’est un mouvement artistique qui regroupe toutes les formes d’art réalisées dans les espaces publics ou dans la rue. Par exemple, les graffitis, les pubs, les pochoirs, les stickers ou encore la mosaïque et le yam bombing (des vêtements en tricot pour habiller les objets urbains). Il s’agit donc d’un art éphémère, et c’est tant mieux dans le cas particulier qui nous intéresse.

On nous dit qu’il a fallu faire appel à quatre artistes internationaux pour décorer notre patrimoine français. Comme à Versailles… Anish Kapoor est anglo-indien. Pourquoi ne pas, sans être chauvin ni protectionniste, subventionner des artistes français pour compenser les suppressions de dotations ? D’autant que Kapoor avait déjà été embauché par l’Etat français en 2011 pour habiller la Nef du Grand Palais. Bref, 700 000 verrous ont été récoltés et 45 tonnes de métal recyclées, remplacés par des panneaux rose fluo. Pardon, par « des calligrafittis mauves qui courent telles des arabesques » (Le Parisien).

On est loin, très loin de l’emballage réussi du Pont Neuf par Christo en 1985, qui ne souffre absolument pas la comparaison, me semble-t-il.

Et après ? Des parapets en verre… approuvés par les architectes des Bâtiments de France. Ouf ! On est sauvés. Le verdict du public est quant à lui très sévère : les panneaux sont déjà tagués. Nul doute que les panneaux de verre le seront aussi. On aura alors droit, encore, à du Street Art, mais en version populaire, sûrement plus inventive, originale et pour bien moins cher.

Après Paris, ex plus belle ville du Monde depuis le 1er juin, allons faire un petit tour au château de Versailles, futur – ex – plus beau château mondialement copié. Bientôt les touristes Chinois viendront photographier le Parc de Le Nôtre «dialoguant » avec les sculptures géantes de Kapoor. Quelle jolie expression (Libération). Plusieurs milliers de tonnes d’acier, de terre et de pierres sur la pelouse du Parc, comme c’est écologique ! Je n’ose même pas imaginer en termes de transport, le coût d’un tel voyage de matières premières. L’artiste donne au journal, en exclusivité, une « définition mystérieuse » de son œuvre :

  • « Ma sculpture est semblable à un corps gisant sur le sol avec les jambes ouvertes, dont on ne sait pas s’il est un objet masculin ou féminin. Avec un vaste orifice intérieur, comme une oreille ou un vagin, on ne sait pas au  juste. Un long tuyau qui pourrait être masculin, un phallus/vagin ».
  • Avant de rajouter : « Il s’agit du vagin de la reine qui prend le pouvoir ».

On a hâte !

L’expo a ouvert mardi 9 juin. La Com est déjà une réussite : rien de tel qu’une bonne polémique à caractère sexuel.

Mais qu’en est-il exactement de l’oeuvre en elle-même, au delà de son titre ?

A en voir la photo, rien de choquant. L’oeuvre s’appelle « Dirty Corner », est en acier et mesure 10 mètres de haut. On dirait plutôt une énorme corne d’abondance qui nous fait penser aux pubs de  « La voix de son Maître ».  Ce qui dérange plus, ce sont les énormes pierres en béton enchevêtrées comme un tas de gravas dans une décharge publique.

Mais bon. Il y a six sculptures monumentales en tout. Seule l’une d’entre elles porte à discussion. Et la discussion, c’est plutôt pas mal. Les autres dont le cube, le panneau d’acier incurvé au pied de la Galerie des Glaces qui reflète la façade du château et le parc, l’antenne géante qui reflète le ciel, le typhon qui ressemble à une fontaine ou une galaxie et les nuages sont jolies et intéressantes.

Enfin, il y a « Shooting in the corner » : située dans la salle du Jeu de Paume, en face du tableau du peintre David, cette sculpture est un canon qui tire de la cire couleur sang pour évoquer des corps en bouillie. Sexy.

  • « Cette installation controversée interroge sur la violence de notre société contemporaine. La présidente de Versailles, Catherine Pégard,  fait preuve de courage et de générosité car c’est une provocation ».

Chacun a sa  propre définition du courage et de la générosité…

Finalement, ce qui choque le plus, ce ne sont pas les sculptures, mais les propos qui les accompagnent. Les sculptures et les œuvres de Anish Kapoor sont magnifiques. C’est un grand créatif.  Mais qu’il arrête de nous gâcher notre plaisir de contemplation avec ses commentaires : à moins que ce ne soit un fait exprès, un autre coup de génie pour faire parler de lui..

 

 

Liens externes

 Anish Kapoor Official

 

 

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