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Jamais une rétrospective ne lui avait été consacrée en France : Victor Vasarely, le père de l’art optique, est célébré au Centre Pompidou à Paris. L’œuvre foisonnante, parfois méconnue, de cet artiste d’origine hongroise, qui aura marqué la culture populaire de l’époque, est à revoir jusqu’au 6 mai 2019.

 

Enfin la première grande rétrospective française consacrée à Victor Vasarely, considéré comme le père de l’art optique. Il était l’un des artistes préférés du couple Pompidou dans les années 70, et le voici mis à l’honneur au Centre Beaubourg. Des images colorées et géométriques aux dessins qui jouent sur l’illusion, son art s’impose dans la vie quotidienne. Son oeuvre fut ensuite quelque peu méprisée. Elle est donc réhabilitée plus de vingt ans après la disparition de l’artiste.

 

C’est moi qui ai imaginé ce logo…

 

 

 

ou la façade du siège historique de la radio RTL Rue Bayard en 1972…

 

 

 

J’ai réalisé le décor de l’émission télé « La Une est à Vous » en 1973 ou encore la pochette de l’album « Space Oddity » de David Bowie. Qui suis-je ?

 

 

 

Victor Vasarely, artiste hongrois, père de l’art optique et fervent défenseur de l’art pour tous : « Je considère que l’art doit être la nourriture de tout le monde ». Retour sur l’oeuvre prolifique de cette figure des années 60, disparue en 1997, en compagnie de son petit fils, Pierre Vasarely.

 

« Vasarely n’était pas seulement utopiste ou utopique, il était aussi visionnaire. » (Pierre Vasarely)

 

Lorsqu’il arrive en France en 1930, de sa Hongrie natale, Victor Vasarely a 24 ans. Il exerce d’abord la profession de graphiste dans les grandes agences publicitaires de l’époque. Il vient de terminer sa formation auprès de son compatriote Sandor Bortnyik, une des figures de l’avant-garde constructiviste.

 

Sandor Bortnyik : « The New Adam » (1924)

 

Sandor Bortnyik : « The New Eve » (1924)

 

 

« La philosophie qui anime sa création, c’est celle de l’art utile. L’art utile et la forme efficace… » (Arnauld Pierre, Commissaire de l’exposition)

 

Le jeune Vasarely a déjà trouvé son leitmotiv, mais il lui reste à forger son style. Et c’est à Belle-Île, sur une plage de galets, que lui vient l’inspiration…

 

« Vasarely a une sorte de révélation du sentiment océanique, de l’unité de toute chose. Il contemple les formes d’un galet, il observe le rythme des vagues, la forme des nuages ou celle du soleil qui se couche à l’horizon et qui s’écrase peu à peu à ses pôles… Il comprend que tout cela est uni, finalement, par les mêmes forces, les mêmes formes fondamentales. » (Arnauld Pierre)

 

Victor Vasarely : « Belle-Isle GP » (Huile sur Isorel, 1952) © Philippe Migeat

 

 

Vasarely invente ainsi sa « géométrie du réel ». Il retranscrit à travers ces formes abstraites les paysages de l’île grecque de Santorin, du Vaucluse ou encore de la mer des Caraïbes. Mais c’est surtout à partir de 1950, quand il peint ces lignes noires et blanches, qu’il crée l’événement. Ses toiles deviennent synaptiques et mobiles ; il vient de donner naissance à l’art optique.

 

Victor Vasarely : « Vegaviv II » (1955)

 

 

« Il cherche absolument l’activation de la vision. Vasarely est un artiste qui s’intéresse non seulement aux formes, mais aussi à la perception de ces formes. Ses oeuvres nous placent face à des forces actives. Et ces forces, il les compare à celles qu’émet le cosmos, ou à celles qui unissent la matière comme aux forces intra-atomiques. » (Arnauld Pierre)

 

Ce nouveau courant fait des émules. De nombreux artistes de sa génération expérimentent à leur tour. En 1955, Vasarely expose aux côtés de Marcel Duchamp ou encore Alexander Calder.

 

« L’idée, au bout de quelques années, a énormément plu aux Américains. Et c’est à cette période qu’un manager a décidé de nommer cette nouvelle tendance de la peinture « Optimal Art », qui est rapidement devenue « Op Art ». » (Entretien entre Michel Polnareff et Victor Vasarely, 1968)

 

Au fond, l’Op Art est le Pop de l’abstraction… C’est ainsi que Vasarely donnera à l’Op Art les couleurs de la Pop Culture. Et pour le vulgariser plus encore, l’artiste met au point un alphabet plastique, sorte d’espéranto composé de formes et de couleurs, censé faciliter la reproduction de ses oeuvres.

 

Victor Vasarely : « Estampe Koska A » (1974)

 

 

« A la toute fin des années 50, Vasarely dépose une sorte de brevet, afin de conceptualiser l’idée d’un langage visuel universel, qui serait constitué d’une suite de petites unités. Ces unités, ce sont des formes carrées, d’une certaine couleur, dans lesquelles sont incrustées d’autres formes simples, telles que des ronds, triangles, carrés d’une autre couleur. Et ce concept ne lui appartient d’ailleurs pas totalement. Il dit, au fond : emparez-vous de cela, et on engendrera ensemble un nouveau folklore planétaire. » (Arnauld Pierre)

 

Victor Vasarely : « Kroa MC » (1970)

 

 

« Il est dans un discours totalement révolutionnaire pour l’époque. Avec ce désir, avant les autres, de faire descendre l’art dans la rue. Que son art soit un art social, et qu’il puisse profiter au plus grand nombre. » (Pierre Vasarely, Président de la Fondation Vasarely)

 

De la vaisselle aux couvertures de magazines, en passant par la décoration, la mode et l’architecture, au coeur des années 60, Victor Vasarely est partout. Artiste prolifique, il inonde les foyers français et ne s’offusque pas qu’on le copie. Tant et si bien qu’à la fin des années 70, on frôle l’overdose…

 

 

 

« Trop de Vasarely tue Vasarely… Ayant réussi à ce point, et bien au-delà de ses espérances, Vasarely a subi le classique retour de bâton. Le pendule repart en arrière, ce que les gens ont adoré à un moment est détesté, et on efface Vasarely durant un quart de siècle. Jusqu’à aujourd’hui, pratiquement, où on redécouvre cet artiste majeur. » (Arnauld Pierre)

 

L’art optique suscite ainsi de nouveau l’intérêt du public. Mais il inspire aussi les artistes de la nouvelle génération, comme Miguel Chevalier et sa « Pixel Wave » en 2015. La doctrine de Vasarely, quant à elle, n’a finalement pas pris une ride… Ce que l’artiste hongrois a complètement changé dans le monde de l’art, c’est une approche totalement débarrassée de toute sacralité qui s’attachait au mythe de l’artiste génial…

 

Miguel Chevalier : « Pixel Wave » (2015)

 

Miguel Chevalier : « Pixel Wave » (2015)

 

 

« Il était véritablement un théoricien de cette recherche appliquée, qui voulait que l’artiste devait quitter son piédestal de créateur. Il s’agit vraiment pour lui d’engendrer un art populaire, qui finisse par échapper complètement à son créateur. » (Pierre Vasarely)

 

« Vasarely, le Partage des Formes » à découvrir au Centre Pompidou jusqu’au 06 mai 2019. Quant aux oeuvres monumentales du père de l’art optique, elles sont aussi visibles à la Fondation Vasarely qui vient tout juste de rouvrir ses portes à Aix-en-Provence.

 

 

 

 

 

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