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PARTIE II

 « Les corps amoureux »

 

 

CHAPITRE IX

 

« Je vais encore sortir ce soir ! »

Le Boy est la référence absolue du moment, en ce tout début des années 90, un temple où les gays se rendent en nombre pour y vénérer le culte de la nuit. Je peux d’ailleurs les apercevoir par la fenêtre de mon studio de fonction, le club se trouvant dans le même immeuble que le restaurant où je travaille. Par l’une des fenêtres qui donnent donc rue Caumartin, j’assiste à ce défilé incessant qui, tous les soirs à partir de 23h30, me permet de comprendre et d’assimiler un peu mieux la culture gay.

Parmi la foule qui se presse à l’entrée, on trouve évidemment ces petits mecs en jean et tee-shirt près du corps, avec les cheveux gominés, sorte de clones de James Dean. Mais pas seulement… Il y a également ceux que l’on appelle dans le milieu « les grandes dames », des sosies de Jean-Claude Brialy, portant blazer et foulard, avec cette démarche caractéristique, légèrement de côté. Mais c’est surtout l’explosion du phénomène des drag queens, ces créatures tout droit sorties d’un shaker géant, secoué en même temps par Andy Warhol et John Waters.

Cette rue si convenue le jour, avec ses petites brasseries parisiennes, ses bars-tabac PMU et cette foule grise constituée essentiellement d’employés de bureau, reprend soudainement vie, comme ça, au moment du passage à l’heure magique, et toute cette faune chatoyante surgit de nulle part, comme si nous étions sur la Route de brique jaune…

 

Leçon de chose n° 2…

Transformer un petit bout de nuit en quelque chose d’exaltant, d’exclusif et de ludique, ça c’est le minimum syndical qu’un homo puisse revendiquer, à défaut de pouvoir transformer sa vie entière en ripaille absolue, orgie romaine, à toute heure de la journée. La fête, c’est ce besoin de voir toujours tout en oversize, avec de la couleur partout et des tas de liquides qui coulent à flot.

Mais l’abondance, l’audace, ne peuvent être pensées et autorisées sans la présence de leur soeur jumelle, la séduction, comme le serait l’objet et son reflet, comme le fond brun ou le fumet de poisson pour une vraie sauce réussie. Mis à part le carnaval de Rio, la fête de la bière à Munich, Bayonne, Nîmes ou les goûters chez ma grand-mère, la bombance trouve son véritable sens par le passage obligé qu’est le club.

La boîte de nuit, ou l’ultime lieu de représentation où vous venez exhiber votre nouveau t-shirt moulure, votre coupe de cheveux thermo-moulée sponsorisée par L’Oréal, vos muscles Mattel et votre visage à deux seules expressions faciales, « j’fais la gueule », « j’suis surpris ». Dans ce genre de lieux clos, Il faut juste savoir jouer carte sur table, en affichant en toute circonstance un physique irréprochable allié à une attitude combative.

Car on ne vous entendra pas parler, encore moins penser, et malgré les rires et les « Houuu-Whaouuuw », seul votre aspect sera jugé. La démarche, les pas de danse, la manière dont vous buvez à la paille, et non au verre voire au goulot, le choix des boissons, les allers et venues aux toilettes et avec qui vous parlez ou ne parlez pas.

Quelques petits conseils en passant, qui peuvent avoir leur importance, si vous voulez réussir une arrivée parfaite et très « Staaar » dans une boîte, un bar à la mode ou une soirée Happy Few…

D’abord l’arrivée. Une entrée doit être parfaite pour que vous puissiez être remarqué par un maximum de quidam, qui ne devraient en toute logique plus vous lâcher du regard ensuite. Si vous trébuchez, loupez une marche ou glissez sur quelque chose, c’est fichu. Abandonnez tout de suite et rentrez chez vous. C’est fini.

Sinon…

Si plus de dix personnes se sont retournées sur votre passage, ou qu’elles donnent l’impression de parler de vous dans l’oreille du voisin, façon cour au Château de Versailles (syndrome Madame De Montespan), déjà, là, c’est bon signe.

Vous vous sentirez alors envahi de super-pouvoirs. Votre démarche deviendra encore plus assurée, avec un contrôle total des hanches et des épaules, regard félin assorti d’œillades très brèves sur les côtés, joues creusées, Duckface… Ok, on y va… 3, 4… Je bloque… 1,2,3… Je bloque. J’ai oublié un truc là-bas, j’y vais… Poussez-vous… 5,6… Je bloque, regard intense au barman ou quelque part au loin, à un ami imaginaire qui vous fait signe. Ok, je repars dans l’autre sens, 2,3… Je bloque… Sourire… Pas trop… Je bloque. Mouvement des cheveux, inflexion de la tête, pas trop. Mordillage de la lèvre inférieure. C’est parfait.

Vous imaginez à peu près que c’est toute la faune de ces lieux qui s’applique à s’exécuter de la sorte, dans une sorte d’Olivier Rousteing attitude généralisée, bien que ce dernier ne soit pas encore né à l’époque.

Faire la fête quand on est gay, c’est un peu comme si vous vous saviez suivi en permanence par une équipe de tournage qui réaliserait un documentaire sur votre vie et ça, 24h/24. Beaucoup, beaucoup, mais alors beaucoup de travail…

 

 

CHAPITRE X

 

Tous les chemins mènent au Boy

Le grand concept de cette discothèque est de transformer les nuits gay en de vastes fêtes populaires ouvertes à tous, en prenant comme modèle le célèbre club new yorkais, « The Paradise Garage ». Ce sanctuaire ouvre donc Rue Caumartin, juste sous l’Olympia.

Et c’est une révolution, surtout pour tous les petits gars qui débarquent de leur province et qui découvrent un lieu où l’on programme un son jamais entendu jusqu’alors. C’est avec l’émergence de cette nouvelle musique, à l’aune de la techno, que beaucoup de gays vont trouver leur identité musicale. Une identité revendicatrice qui passe d’abord par des marqueurs vestimentaires, avec l’attitude et le mode de vie qui l’accompagnent.

Bonjour le short cycliste avec la grande chemise blanche large portée par-dessus, ou le t-shirt à manche courte ultra-moulant qui rappelle celui de Laurent Fignon ; la casquette avec un gros Boy’z London en métal dessus avec des petites ailes, le DJ bag, les Oakleys et les grosses chaussures. Au revoir la sobriété et le bon goût. Le gay n’a plus peur et il s’affiche. Personnellement, je vais laisser tout cet attirail à mes autres homologues. Encore une fois, je préfère me chercher moi-même, avec mes propres codes. Toujours ce souci existentiel de ne jamais vouloir me conformer à un modèle établi.

C’est donc au Boy que je découvre cette musique noire américaine faite de gospel, de soul et d’électronique, qui émerge des cendres du disco dès le début des années 80. Un phénix qui va ainsi prendre sous ses ailes tous les laissés pour compte du grand rêve américain, celui qui lavait surtout très blanc et de préférence hétérosexuel. A Paris comme à New York, toute une communauté queer, gay, trans et travesti, communie tous les soirs, à plus de mille personnes, les bras en l’air jusqu’à cinq ou six heures du matin.

C’est aussi sur « Vogue » de Madonna, Frankie Knuckles, David Morales, The Masters At Work, Erick Morillo, Todd Terry et tant d’autres encore que tous les jours de l’année, de jeunes gens viennent transpirer toute l’eau de leur corps plutôt que simplement draguer, en option certes, mais toujours après la danse.

Dans ces années sida qui ratissent large, les soirées gay ne vont plus être sordides, sombres et mélancoliques, mais lumineuses, pleines de paillettes et de musiques enivrantes. Et plutôt que de hanter les recoins des sanisettes de gare, les parkings ou les escaliers de la station du RER Auber, on aspire à la lumière de la piste et des cubes où des danseurs lambda viennent vivre leur minute de gloire, à grand renfort de chorégraphies synchronisées.

A l’entrée, Sandrine la physio, impassible, encadrée de deux gorilles. Derrière les portes, ce grand escalier qui mène jusqu’à l’arène. Lorsqu’on le descend, il y a d’abord ce son sourd d’un morceau house, « Good Life » d’Inner City ou « Promised Land » de Joe Smooth, qui vous bourdonne dans les oreilles pour vous exploser à la figure dès le franchissement des portes insonorisées, en kyrielle de notes et de voix soul, comme du chocolat chaud avec des éclats de noisettes. Les basses vrombissent dans vos oreilles et chatouillent vos tympans.

Dans ce temple païen, refuge de tous les orphelins des années 80, cette décennie qui n’a pas été tendre avec les homosexuels, on assiste à l’apparition des fameuses drag queens parisiennes, un phénomène pourtant né outre-atlantique, à New York, plus de dix ans auparavant, et qui explose seulement maintenant en France. Tous les jeudis soir, place aux Incroyables, dans une débauche de créatures insensées, qui dansent au-dessus de la foule en transe, sur des cubes ou dans des cages. Visions baroques et oniriques qui matérialisent ce dont rêvent tous ceux qui viennent ici.

Mais en 1992, le couperet tombe. Une fermeture administrative viendra clore cette parenthèse enchantée qui commençait à faire grincer pas mal de dents, d’abord celles des riverains qui se plaignent de voir défiler tous les soirs sous leurs fenêtres cette faune bigarrée et transgressive. Il sera question d’une sombre histoire de viol, puis de trafic de drogue, ce qui condamne définitivement cette arche de Noé 2.0 à fermer ses portes.

Un temps, les aficionados vont se rabattre sur des pis-aller, comme « Le Scorpion » spécialisé dans la techno, « Le Rex Club », « Le Haute-Tension », « La Luna » et « Le B.H », deux clubs également très prisés par une clientèle plus spécifique, pour ne pas dire hardcore.

Fort de sa réputation qui l’accompagne désormais comme un halo, le Boy rouvre ses portes sur les Champs Elysées un an plus tard et redevient forcément la référence absolue… Mais aussi une marque de fabrique dont on parle en province et dans le monde entier. Voici le nouveau royaume de la nuit où tout le monde veut se rendre. Désormais, agenouillez-vous devant Le Queen…

Mais difficile de reproduire deux fois les mêmes tours de magie, quand on sait justement qu’il n’y a pas de trucs et qu’il s’agit de magie pure. Ce qui s’est passé au Boy était de l’ordre de l’impensable, du miracle et avec le Queen, c’est une nouvelle époque qui commence.

Sa majesté va devoir désormais rivaliser avec d’autres lieux qui espèrent récupérer un peu du gâteau et attirer cette clientèle toujours plus nombreuse qui, en ces temps d’avant téléphone portable, internet et attentats, ne pense qu’à une chose : sortir, toujours sortir, encore sortir. A commencer par « L’Enfer », d’abord derrière les Champs Elysées, non loin du Queen, puis au pied de la Tour Montparnasse, surtout réputé pour ses « afters ».

Le Queen sera plus grand, plus mainstream aussi, accueillant une clientèle toujours plus diluée (tous ces hétéros en goguette qui viendront pour frôler du pédé comme on va au zoo). Des soirées à thème, mais qui deviennent vite des parodies, des caricatures, comme ces dimanches soir appelés « le jour des coiffeuses », animés par la transexuelle Gallia, qui débite des conneries au micro pour faire rire un public blasé et déjà triste. Les soirées OverKitch.

Dans le courant des années 90, la musique devient techno, ambiant, electro, deep et s’exporte partout, dans tous les clubs de France et de Navarre. « Le Queen » n’a donc plus l’exclusivité de ce son et va hélas durant les années qui vont suivre peu à peu s’essouffler.

… Mais je me souviens de cette époque bénie où tout passait par le prisme de la boîte de nuit. Instantané de vie, de la vie d’un petit pédé lambda comme on pouvait en croiser des tonnes à cette époque, avec ses préoccupations, ses doutes, ses souhaits.

Il danse seul, les jambes immobiles, avec juste le bassin en mouvement, ainsi que les bras et les mains qui fendent l’air en gestes syncopés. Son visage est figé et hautain. Il aperçoit quelqu’un à l’autre bout de la piste qu’il reconnaît et lui adresse de grands signes. Il s’en rapproche : « Rebeccaaaa, saloooope, beeeen aloooors, t’es pas avec ton mariiiii ?… Ah, c’est fini ? Ah, vous aurez quand même tenu deux jours entiers, un record, non ?

Tu m’diras, j’voulais pas t’en parler avant, mais moi, j’l’vais vu avant avec un autre… Euh, avec pleins d’autres, en fait… Oui au BH… Et ils se la donnaient, hein, de vraies garces. Ils se la donnaient à fond, à fond j’te dis… Des pauv’ filles !!

[silence]

Au fait, t’as pas vu La Ludo ? Bon… On s’voit plus tard, ok… Tchaow tchaowww. »

Le garçon danse de nouveau un moment seul, en se contemplant dans la glace tout en singeant la chorégraphie qu’adopte Madonna pour sa chanson « Vogue ». Il aperçoit le fameux Ludo. Il se fraye un chemin jusqu’à lui : « Ludooooo, salooooope, mais comment ça va chéri, ça va, ça va bieeeen, suuuuupeeeeer, oueeeeh, géniaaaaal… Dis donc mais qu’est-ce que je suis content de te voir, alors !!!! Oh la la, c’est bien simple, on s’voit plus ! »

A ce moment là, le garçon remarque quelqu’un d’autre dans l’assistance qui lui semble plus intéressant : « Ooh Lud’, attends, faut que je vois un mec, hyper important là, ouais ouais, j’t’expliquerai… tu bouges pas, hein… Ah, au fait, t’as pas vu La Pascal… Non ? Ok ok bon tchaow-tchaoow… »

« Caroooool, salooooope, mais t’es superbe ce soir, dis donc, t’es très chatte ! Ah, mais c’est l’ensemble Gaultier dont tu m’avais parlé, que le vendeur de la boutique t’a revendu ?! Gé-nial ! Mais dis donc, fais voir là… T’es tout surdimensionné… D’la muscuuu ? Salope, j’men doutais, j’m’en doutais. Petite cachotière. Tu vas où ? Ah moi aussi, mais on s’est jamais croisé. Le matin ? Ah non, moi le matin, je dors, je doooors. Non, moi c’est l’aprèm et puis l’aprèm, y a plus de monde et çà drague à fond, à fond, j’te dis.

Tiens tu t’souviens de mon Polonais, ben c’était là ! Siiiii ! Hein ? Ah non, c’est fini depuis. Oh ben, si tu sais, belle gueule, corps de rêve, mais alors il comprenait rien à ce que je lui disais, et puis au lit, oh la la la, rien, niet, néant, queue d’biche. T’enlevais le slip, queue d’biche, un radis nain…

… Sinon, ça va toi ?

[silence]

… Au fait, t’as pas vu Machin ? Ben Machin là, Machin… Non ?… Bon. Okette, bon ben à d’t’a l’heure, alors… Tcha-tchaooow !! »

Il se remet à danser juste à côté du garçon prénommé Rebecca : « hep, hep’s, tu sais qui je viens de voir ? Non ? Non ?… la Caroooool, cette travlot’… Quelle gouinasse, celle-là !! Non mais t’imagines un peu, elle ose encore se montrer après le coup qu’elle t’a fait avec Baolé le Camerounais… Pour qui elle se prend, celle là, à jouer les grandes dames, en plus. Ouiii, j’suis une staar, c’est moi la staaar. J’veux qu’on m’prenne pour une star. J’suis en Gaultier, nin nin nin… Quelle pauv’ fille, une vraie pauvresse qu’achète ses fringues en occase, en plus… Ahahaha ! Je te le jure. »

[silence]

« Attends deux secondes j’r’viens… hep’s Caroll, Pssss… T’as vu qui c’est qu’est làààà, j’te l’donne en mille… La Rebecca !! Non mais t’imagines un peu. Elle t’a toujours pas rendu ton fuseau vinyle fuchsia Versace et elle ose en plus le mettre ce soir encore pour te narguer j’suis sûr, j’suis sûrrrrr !!!! Sous ton nez. Mais pour qui elle se prend, cette souillon ?! Non mais tu sais ce qu’elle mériterait, tu sais quoi ? des connasses pareilles, moi j’dis, un croche-pied dans les escaliers devant tout le monde. Aah, elle fera moins la fière, la Rebecca… Tu vois, t’essayes… Je te dirai le bon moment après la distribution des sucettes… Ahahaha ! C’est vrai qu’on est des mauvaises, des fois, mais bon… Allez, à toute… »

En reculant , il percute quelqu’un : « Pascaaaaaal, garce, beeeen aloooors, on te voyait pluuuus ? t’étais passé où ? Ouaaahh, mais dis donc toi, t’as hyper maigri, c’est génial ça, on te voit bien la mâchoire et tout… Peut-être les yeux qui sont un peu trop rentrés dans leurs orbites… Hein ? En tout cas, tu dois être hyper contente… Non ? Le ? Sida ? Ah… oui… euh… bon… Oups, oui, excuse, là, parce que je te laisse, t’entends, ils viennent de passer une annonce au micro, une voiture qui gêne sur le parking, c’est la mienne… Sisi… pas de parking ? Ah oui aussi… C’est bête ce qui t’arrive… Ah regarde derrière, c’est pas Rock Hudson ? »

Le garçon s’éclipse et disparaît dans la foule.

« Hep’s Caroool, tu sais qui je viens de vo… Bêêê qu’est ce que tu mates comme ça ? »

Le garçon relève ses lunettes de soleil Oakley sur son front et regarde dans la même direction que son ami Carol. La musique semble alors s’arrêter net. Il n’y a désormais plus qu’un grondement qui se révèle être un battement de cœur qui cogne de plus en plus fort.

« C’est, c’est qui, celui-là ? Je l’ai jamais vu auparavant… Ni ici, ni à la salle de gym, ni au sauna, ni au jardin des Tuileries, nulle part… Tu crois qu’il est homo ? Comme il est beau. T’as vu, il a l’air seul dans son coin… Seul et beau. T’as vu ses yeux ? Bleu ? Non vert plutôt, un peu gris… Et ces lèvres, c’est quoi, cette bouche… On dirait Marlon Brando avant ses injections d’Haagen Dazs… Et son corps, vise ce corps, pas un pet de graisse. Que du muscle extra-fin, sec, comme des haricots verts. Oooh, le jean, regarde le jean, prêt à exploser. Putiiiine, c’est pas possible, la vache, il s’est fait greffer un mollet ou quoi, c’est pas possible, il doit être monté comme un mammouth… »

« Non mais attends, on dirait… On dirait qu’il regarde par ici ! Mais oui, oui, je suis dans sa ligne de mire. Il regarde – moi – j’veux dire que c’est moi, là, qu’il regarde. Je pourrais peut-être aller le voir, lui parler, on sait jamais… On passerait un petit moment ensemble… Juste discuter, comme ça, des trucs simples. Meeeerde, il bouge, on dirait qu’il s’en va, là. Il vient d’enfiler un truc. Il était avec quelqu’un, j’sais plus, j’ai pas vu. Tu vois toi, tu… Il part, il part, je le vois plus… il a disparu. Il, il est parti… C’est fini. »

Le battement de cœur s’estompe. Il y a juste le silence et un petit cercle de lumière qui entoure le garçon, sans plus personne d’autre autour de lui.

« J’ai peut-être aperçu le grand amour, comme ça, à quelques mètres, quelques instants à peine… D’un grand amour ou une bouffée de bonheur simple… Et puis pschiiiit, c’est reparti… plus rien… J’me sens tout drôle, tout seul, petit, minable… J’pense à ma vie, à tout ça… Rien, niet, néant, zéro… Queue d’biche. »

 

 

Pour aller plus loin

Hubert Touzot : « La Pudeur » (Episode 11)

Hubert Touzot : « La Pudeur » (Episode 12)

Hubert Touzot : « La Pudeur » (Episode 13)

Hubert Touzot : « La Pudeur » (Episode 14)

 

 

 

Photographe, auteur, poète et machine à remonter le temps, avec une cape de mousquetaire toujours portée un peu de biais.

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