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En 1973, l’architecte espagnol Ricardo Bofill achète une cimenterie à l’abandon datant de l’époque de la Première Guerre mondiale, près de Barcelone, pour y édifier son paradis sur terre. Voici donc l’histoire de la Fábrica…

 

Lorsque Ricardo Bofill découvre un peu par hasard cette cimenterie laissée à l’abandon depuis 1968, il ressent immédiatement le potentiel énorme de l’édifice. L’idée folle de transformer la structure d’origine du bâtiment en une maison d’habitation unique et spectaculaire germe dans son esprit : La Fábrica est née.

La première fois qu’il vit la cimenterie, Ricardo Bofill se trouva face à un complexe de plus de 30 silos composé d’énormes locaux équipés de machines. Il y découvrit 4 kilomètres de galeries souterraines, d’imposantes structures en béton armé qui ne soutenaient plus rien et des escaliers suspendus qui ne menaient plus nulle part. Un lieu hors du temps et désormais sans but mais empreint d’un charme surréel et aux formidables potentialités de transformation.

Après avoir fait l’acquisition de ce lieu incroyable, Ricardo Bofill lance donc son projet insensé de redonner vie à cette friche industrielle oubliée de tous depuis longtemps. Passées les premières années de démolition partielle, son équipe commence à aménager l’intérieur de la structure en un espace d’habitation et de travail alliant respect du lieu originel et modernité.

 

 

 

 

La première étape de la réhabilitation de Ricardo Bofill fut d’éliminer les éléments superflus ayant agressé au fil du temps l’installation d’origine, datant du début du siècle dernier. Au cours de la première industrialisation de la Catalogne, ce complexe avait accueilli de nouvelles chaînes de production.

De nombreuses parties furent ensuite verrouillées puis recouvertes, transformant la cimenterie en site stratifié, tout comme les lieux habités pendant des siècles. Respectant l’évolution historique du bâtiment, Bofill a tenté de retrouver une harmonie supérieure en creusant dans le béton tel un sculpteur cherchant à dégager une forme.

L’insertion d’éléments propres au langage architectural – portes, fenêtres, façades – a permis de créer des parcours et des perspectives donnant naissance à un atelier, des espaces d’exposition, des salles de concert et enfin une résidence privée. La conception de l’espace vert atténue aujourd’hui l’impact du brutalisme caractéristique des structures d’origine en béton.

 

 

 

 

Reconstruction 3D de « La Fábrica – Taller De Arquitectura », projet original de l’architecte Ricardo Bofill :

 

Avec l’esprit visionnaire qui le caractérise, Ricardo Bofill transforme peu à peu l’ancienne cimenterie désaffectée en atelier d’architecture. Expression même de l’idée de régénération architecturale de Bofill, la Fábrica abrite aujourd’hui un grand cabinet ainsi que la maison privée de l’architecte espagnol.

Bofill a conçu chaque lieu de cette vaste reconstruction comme étant unique, avec sa fonction propre. Une variété d’espaces de détente ou de travail sont créés, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de la propriété. Tandis que la cuisine et la salle à manger situées au rez-de-chaussée sont le point de rencontre privilégié de la famille, il consacre d’autres espaces à son cabinet d’architecture.

 

 

 

« La vie se déroule ici en une séquence continue, et il y a très peu de différence entre le travail et le loisir. » (Ricardo Bofill)

 

L’extérieur a été tapissé de végétation, et recouvert de gazon, mais aussi d’eucalyptus, de palmiers et d’oliviers. Il déborde aujourd’hui d’une verdure luxuriante, comme si la nature avait repris ses droits en ce lieu sacré. « J’ai l’impression de vivre dans un univers fermé qui me protège de l’extérieur et de la vie quotidienne », comme le définit Ricardo Bofill.

 

 

 

Mara Corradi, journaliste dans le secteur de l’architecture et du design et collaboratrice du magazine d’architecture en ligne FloorNature, réalisait en juin 2015 une interview exceptionnelle de Ricardo Bofill.

 

Pourquoi avez-vous décidé de faire de cette cimenterie désaffectée le siège de votre cabinet d’architecture ? Que cherchiez-vous à l’époque et quelles ont été les qualités que vous aviez ressenties dans cet ouvrage en 1973 ?

Je cherchais un endroit qui, tout comme les ateliers catalans traditionnels où les artistes vivent et travaillent, pouvait abriter aussi bien ma vie privée que ma vie professionnelle car, dans mon cas, il y a bien peu de différences entre ces deux sphères. La Fàbrica m’a donné la possibilité de transformer une ruine en cabinet et en maison et j’ai ainsi pu démontrer que « la forme ne suit pas nécessairement la fonction ».

 

Sur votre site, vous décrivez l’établissement d’origine comme un ensemble d’éléments de construction sans signification apparente : « Stairs that climbed up to nowhere, mighty reinforced concrete structures that sustained nothing, pieces of iron hanging in the air, huge empty spaces filled nonetheless with magic ». Quelle part de cette atmosphère surréelle êtes-vous parvenu à conserver aujourd’hui et grâce à quels choix ?

J’ai conservé une grande partie de cette atmosphère surréelle. Et c’est justement cette étape qui a été la partie la plus difficile du processus de démantèlement et de construction.

 

La fascination que vous avez éprouvée face à cette installation vous a amené à vous lancer dans l’aventure d’en repenser entièrement l’usage et les fonctions. Peut-on définir cette démarche comme votre manifeste de régénération architecturale ?

Oui, absolument. J’ai pu prouver que l’on pouvait tout obtenir à partir d’un espace donné. Au fil des années, mon équipe a réussi à réaliser dans le monde entier plusieurs projets de reconversion de bâtiments industriels. Nous abordons la tâche avec beaucoup de respect et de sensibilité pour leur passé industriel et effectuons les transformations sans jamais perdre de vue les critères de performance et de durabilité.

 

La Fàbrica évoque aujourd’hui non seulement les ruines du Piranèse mais aussi un décor de film de science-fiction. La durabilité a-t-elle sa place dans une intervention de cette nature ?

Bien qu’il soit difficile d’améliorer les prestations énergétiques des bâtiments existants, aussi bien mon cabinet que mes espaces privés ont été conçus de manière à optimiser l’efficacité énergétique et la durabilité.

 

Project: Ricardo Bofill
Location: Barcelona (Spain)
Gross floor area (office and garden): 5000 m2
Beginning of work: 1973
Completion: 1975
Photography: © Courtesy of Ricardo Bofill Taller de Arquitectura

 

« L’architecte renégat » Ricardo Bofill nous fait la visite de « La Fábrica » :

Ricardo Bofill

 

 

Pour aller plus loin

Ricardo Bofill Officiel

FloorNature

 

 

 

Editeur du Mag Instant City, Chasseur de Trésors, Taxidermiste de Souvenirs...

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