Chet Baker était jeune, beau, et doublé d’un trompettiste de génie. Les femmes l’ont adoré, des hommes l’ont admiré, comme le photographe et cinéaste Bruce Weber, qui a décidé de nous raconter l’histoire de Chet le Maudit, avec le film documentaire « Let’s Get Lost », sorti en 1988. Interviews des femmes de sa vie (il fut marié trois fois), de ses enfants, mais surtout vérité et émotion qui percent dans la voix à peine audible du musicien au visage ravagé par l’héroïne interprétant Almost Blue. Il avait 58 ans…

 

Chet Baker, trompettiste de jazz, né en 1929 au fin fond de l’Oklahoma, commence sa carrière dans les années 1950. Il joue avec Stan Getz, Charlie Parker, acquiert une belle célébrité avec Gerry Mulligan, s’établit en Europe, voit sa carrière perturbée par l’alcool et les drogues, et finit par tomber par la fenêtre de sa chambre d’hôtel à Amsterdam, en mai 1988, en plein montage du film « Let’s Get Lost ».

Bruce Weber, photographe de mode réputé, est passionné par son sujet. A partir de témoignages, d’interviews de Chet Baker lui-même, de séances d’enregistrement et de concerts, d’images d’archives et d’extraits des quelques films de série Z dans lesquels Chet a joué, il reconstitue à la manière d’un puzzle la vie mouvementée du trompettiste. Fasciné, il s’attarde sur le visage usé offert par le musicien lors de ses dernières confidences, pour mieux laisser éclater la beauté du jeune homme, qui fut en son temps comparé à James Dean.

L’admiration de Weber pour Chet remontait au début des années 80. Lui qui érotisait chaque campagne Calvin Klein, à coups de photos noir et blanc sentant le sexe et le linge, était tombé en arrêt sur un exemplaire vinyl d’un de ces albums de Chet de 1955, dont la cover était systématiquement due au photographe William Claxton.

Même si le film est parfois complaisant (le montage des témoignages contradictoires de sa femme et de ses maîtresses), et quelquefois voyeur (les confessions de Chet sur sa toxicomanie), « Let’s Get Lost » est avant tout un immense hymne d’amour à la musique. La trompette évanescente et plaintive s’élève sur les images en noir et blanc d’un Baker disloqué, noyé dans l’héroïne, mais qui retrouve, au contact de l’instrument, son orgueil de musicien. Chet Baker, qui n’a jamais su déchiffrer une partition, qui n’a jamais répété de toute sa vie, qui a été dédaigné pendant longtemps par les puristes du fait de son physique de dieu, aura marqué malgré tout le jazz de son empreinte indélébile, par la longueur de ses notes, par ses silences, amenant une profondeur et une mélancolie à son jeu, reconnaissable entre tous.

Le 23 juillet 2008, vingt ans après sa première sortie en salle, « Let’s Get Lost » faisait l’objet d’une restauration en haute définition.

Un documentaire émouvant… A ne pas rater…

 

 

 

 

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