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Nous avons voulu rendre hommage à un artiste du métissage, entre sa culture d’origine, algérienne, et le rock anglo-saxon. Rachid Taha, le leader du groupe Carte de Séjour, s’est éteint le 12 septembre 2018. Il avait 59 ans.

 

Pionnier du rock alternatif, défenseur du Chaâbi algérois, amoureux du Punk, du Raï ou encore de la Techno, en 35 ans de carrière, Rachid Taha n’a cessé de surprendre, d’émouvoir, mais aussi de troubler par ce mélange des genres parfois grinçant.

En 1985, cet Algérien arrivé en France à l’âge de dix ans réinterprète le célèbre titre de Charles Trenet, « Douce France », avec son groupe habilement prénommé Carte de Séjour. Les cinq membres de la joyeuse bande se sont rencontrés à l’usine. Avec ce titre, ils questionnent ainsi l’intégration des immigrés dans la société française, en pleine cohabitation, peu de temps après la marche des Beurs et la création de SOS Racisme. Ils expriment les inquiétudes de la jeunesse de l’époque.

 

 

« Tout le monde s’attendait à ce que je chante plutôt une chanson du genre la prison, les menottes… Et on arrive avec notre Douce France. C’était pour la peine encore plus violent que prévu… » (Rachid Taha en 2016)

 

Dans les années 90, Rachid Taha se lance dans une carrière solo et continue de conjuguer sonorités d’Orient et d’Occident. Il explose au grand jour en 1993, en ressuscitant « Ya Rayah », l’hymne des exilés interprété autrefois par le chanteur algérien Dahmane Elharrachi. Dans cette chanson, Taha exhume une mélodie entêtante qui évoque en même temps espoir et mélancolie.

Et quand il ne révise pas ses classiques, Taha expérimente et laisse libre cours à sa fascination pour la Techno, le Vaudou et la Transe, dans des titres psychédéliques.

 

 

Mais le chanteur a beau être uniforme, il reste fidèle à sa cause : lutter contre la xénophobie et tordre le cou aux clichés.

 

« Hier, je regardais une émission de télévision dans laquelle ils parlaient de flamenco. Eh bien, durant ces deux heures pendant lesquelles ils ont parlé de flamenco, à aucun moment ils ont évoqué l’influence des arabes dans cette musique. J’étais sidéré… La télévision, c’est quand même son rôle d’apprendre aux jeunes. La seule façon pour que les jeunes ne connaissent pas le racisme, ça reste l’éducation. » (Archive INA / Novembre 1987)

 

En 1998, c’est l’histoire du Raï que Rachid Taha marquera de son empreinte avec Khaled et Faudel. Le trio « 1, 2, 3 Soleils » (Taha, Khaled, Faudel) remplit le Palais des Sports de Bercy et écoule son disque à près d’un million d’exemplaires.

 

« 1, 2, 3 Soleils, c’était un peu les Pink Floyd du Raï. C’était une grosse production, avec la section rythmique et la bassiste de David Bowie, l’orchestre d’Oum Kalthoum qui venait d’Egypte, quand même, et tout ça mélangé à de l’électro. C’est pour cette raison que c’est resté très moderne. » (Rachid Taha en 2016)

 

 

Reconnu internationalement par ses pairs lorsqu’il reprend « Rock The Casbah » des Clash, c’est Mick Jones lui-même, membre fondateur du groupe anglais, qui l’accompagne en personne à la guitare.

 

 

En neuf albums et 35 ans de carrière, l’audace et la créativité de Rachid Taha ont contribué à ouvrir la chanson française à d’autres visages et d’autres sonorités. Son dernier album, enregistré peu avant sa mort, sortira en 2019.

 

 

 

 

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