Motorbass, c’est d’abord un groupe de musique électronique français formé en 1992 par Philippe Zdar et Etienne de Crécy, deux noms étroitement liés à l’émergence de la scène house française. A l’époque, le premier opère déjà au sein de La Funk Mob (qui allait devenir Cassius), auteur d’une poignée de maxis mythiques de abstract hip-hop pour le label londonien Mo Wax. Quant au second, il officie en tant qu’ingénieur du son au studio +XXX (Plus Trente), aujourd’hui fermé. C’est d’ailleurs là qu’ils se rencontrent pour la première fois, Etienne de Crécy enregistrant avec Niagara, tandis que Philippe Zdar travaille avec MC Solaar dans un studio voisin.

Après quelques maxis pour se faire la main, ils enregistrent l’album « Pansoul » en 1996, sous le nom de Motorbass, aujourd’hui considéré par beaucoup comme l’album fondateur de la « French Touch ». Et Dieu sait s’il y eut du lourd cette année-là en France… Entre le premier album de Daft Punk, « Homework » (chez Virgin), Etienne de Crécy et son concept-album « Super Discount » (chez Solid), Alex Gopher et son maxi devenu classique, « Est-ce Une Gopher Party Baby? » (toujours chez Solid), l’électro française commence à faire sacrément parler d’elle. Sans oublier « Boulevard » de St-Germain (sorti l’année précédente chez F Communications), ou encore le « Moon Safari » des Versaillais de Air en 1997…

Alors, dans un contexte aussi prolifique et riche qu’en cette année 1996, qu’est-ce qui fait que cet album ait conservé depuis lors une place si spéciale dans le coeur des amateurs de musique électronique ? Peut-être parce que ce disque épuisé dès sa sortie « sent la sueur du dance-floor, la crasse funk et le défoulement house » déclarait Ivan Smagghe, lorsqu’il chroniquait l’album pour les Inrocks en 1995. « La production est magistralement sale et complexe, passée dans trente-six filtres et remoulinée, laissant de l’espace à la mélodie sans oublier l’énergie sauvage. De la rage de Flying Fingers à la subtilité de Neptune, du tubesque Wan Dence à l’hypnotique Ezio, jamais Motorbass n’oublie l’essentiel, à savoir ce groove qui manque si souvent aux albums house et techno ». Nous y sommes, le mot est lâché : groove… Car c’est bien de groove dont il est question lorsqu’on évoque cet album fondateur.

Et pour faire de « Pansoul » un truc encore plus mythique, après sa sortie en 1996, nos deux comparses de Motorbass vogueront ensuite vers leurs projets solo respectifs : Philippe Zdar avec Cassius et Étienne de Crécy avec Superdiscount. Pour ceux qui n’ont pas eu la chance de se procurer cet album en vinyle, espérons qu’ils se seront rués sur la réédition de 2003.

 

Instant-City-Motorbass-Pansoul

 

A présent, presque vingt ans après la sortie de « Pansoul », que reste-t-il de Motorbass ? « Des morceaux cultes, des catastrophes, des stars, des instruments taillés pour la légende » (Les InRocks, août 2015), et un studio d’enregistrement où se pressent toutes les pointures de la scène musicale internationale, de Phoenix à Sebastien Tellier, en passant par Kanye West, Pharrell Williams, The Rapture ou Cat Power, qui viennent confier la réalisation de leurs albums respectifs au gourou des lieux, maître Philippe Zdar.

 

 

 

 

Pour aller plus loin

 Philippe Zdar Facebook

 Etienne de Crécy

 

 

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