Les croissants…

 

« 5ème Avenue, 5 heures du matin, Audrey Hepburn, Diamants sur canapé et la genèse d’un film culte » par Sam WassonSonatine Editions – 2010 (Extraits)

 

Dimanche 2 octobre 1960. New-York, 5ème Avenue, il est 5 heures du matin. La rue est déserte. Il fait froid. Audrey Hepburn, oscarisée pour son rôle dans « Vacances Romaines », s’apprête à tourner la toute première scène de « Diamants sur canapé », sous la réalisation de Blake Edwards. Une comédie ! Elle n’a jamais joué dans une comédie et malgré l’heure matinale, nerveuse, fume cigarette sur cigarette. Elle attend dans un taxi jaune l’ordre de tourner. Dans sa main, un sac en papier brun. « Action ! »

 

Un taxi jaune apparaît. Il s’arrête le long du trottoir, devant une boutique au N°727 de la 5ème Avenue. Une jeune femme en descend, claque la portière. Elle porte une robe noire, un collier de perles, des gants noirs, des lunettes de soleil malgré l’heure matinale. Elle est coiffée d’un chignon. Sans doute rentre-t-elle d’une soirée chic. Elle lève la tête vers l’enseigne : « Tiffany ».

« Ca tourne » ! Le second assistant-réalisateur fait signe au chauffeur de taxi qui démarre. La rue avait été spécialement évacuée pour la scène. Il fallait faire vite. Le soleil brillerait bientôt bien trop haut pour illustrer un matin aux aurores. De plus, le premier ministre soviétique, Nikita Khrouchtchev, devait faire une apparition sur cette même 5ème Avenue à 7h30 précises. Cela ne laissait donc que deux heures pour tourner. Mais Audrey Hepburn ne souhaite pas bâcler la scène. Elle se dit que si Holly, la call-girl dont elle joue le rôle, ne se sent chez elle que chez Tiffany, alors il lui faut prendre son temps et savourer cet instant comme un pur moment de bonheur. Aussi, plutôt que de s’approcher tout de suite de la vitrine, choisit-elle de s’arrêter au bord du trottoir et de lever les yeux. Blake Edwards ne lui avait-il pas demandé de se fier à son intuition là où d’autres réalisateurs exigeaient un mot-à-mot parfait ?

 

0:48 : La jeune femme avance à petits pas telle une geisha vers la vitrine du magasin. Elle regarde les bijoux.

Sam Wasson raconte : « Il avait fallu coudre deux robes uniquement pour ces quelques secondes. Une pour déambuler devant le magasin, fendue sur le côté afin de lui permettre de se déplacer, l’autre pour les scènes statiques, tellement ajustée qu’elle ne lui permettait aucun mouvement. Audrey devait enfiler les deux robes alternativement. »

 

1:02 : La jeune femme tient dans sa main un petit sac de papier dont elle sort un croissant qu’elle met à la bouche et un gobelet contenant un café.

« Comment allait-elle faire pour avaler ce truc ? Audrey ne voulait pas faire d’histoire mais elle avait les viennoiseries en horreur et avait demandé à Blake si cela le dérangerait qu’elle déambule devant la vitrine de Tiffany en mangeant plutôt un cornet de glace. Mais il avait refusé. Evidemment, sa décision était entièrement justifiée. C’était l’heure du petit déjeuner après tout et ce ne serait pas vraisemblable. »

 

2:22 : La jeune femme jette la pochette en papier dans une poubelle avant de s’éloigner sur le trottoir. Le générique prend fin.

« Les badauds commençaient à s’attrouper déjà par groupes de deux ou trois, et, un court instant plus tard, ce qui n’était au début qu’un petit attroupement s’était mué en une foule de curieux ». Sur une photo, on voit la foule prendre des photos du tournage, sur le trottoir d’en face. C’était la première fois qu’on tournait un film à l’intérieur du magasin Tiffany. Cet exploit avait necessité six longs mois de tractations et la contrepartie, c’était Audrey ! « Laisser une équipe entière s’installer parmi certains des bijoux les plus coûteux de la planète représentait un défi logistique et un cauchemar pour les assureurs, certes, mais d’un point de vue promotionnel, cela représentait une opportunité en or pour le joaillier. Il n’y avait qu’à mettre le collier Schlumberger au cou d’Audrey et de laisser les photographes la mitrailler. » Et en effet, c’est ce qui se passa. Audrey Hepburn fut photographiée dans la boutique Tiffany avec à son cou le collier créé par Jean Schlumberger, au centre duquel se trouvait le plus gros diamant jaune du monde, de 8 centimètres de diamètre pour un poids de 128,54 carats. « Jusque là, le collier n’avait été porté que par une seule femme, Madame Sheldon Whitehouse, épouse d’un sénateur qui avait présidé le bal donné par Tiffany en 1957. »

Ce bijou apparaît brièvement à l’écran, protégé derrière une vitrine, dans la scène où Holly et Paul font graver la bague trouvée dans un paquet de friandises.

 

65:26 : « Il m’est arrivé de remonter la 5ème Avenue très souvent, mais c’était la nuit. Est-ce que vous aimez Tiffany ? Ce n’est pas magnifique ? Il semble que rien de désagréable ne peut arriver dans un magasin de ce genre. En réalité je me fiche des bijoux, à part les diamants, bien entendu. Regardez ça ! Qu’est-ce que vous en dites ? Bien sûr, je serais insensée de porter des diamants avant 40 ans. »

 

 

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