Bertrand, Louise, Frédéric, Charles ou Mickey sont des amis qui se connaissent depuis l’enfance, mais qui ont emprunté différents chemins socio-professionnels et connu divers amours ou fortunes. Ce qui pourtant les rattache, les lie les uns aux autres, ce sont des idéaux, des utopies, des souvenirs et ce groupe de musique confidentiel qu’ils forment depuis des années, les Why Not. Leur dernier grand projet est d’aller donner un concert dans leur ancienne école. En chemin, Bertrand fait la rencontre inopinée de Clara, une jeune femme fantasque qui vient de fuir son futur époux le jour même de la cérémonie de mariage. C’est le coup de foudre, la rencontre de plein fouet avec les grandes espérances…

Revoir aujourd’hui « Clara et les Chics Types » de Jacques Monnet, sorti en 1981, c’est un peu comme l’effet de la crème Nivea, du lait concentré sucré en tube, ou encore le goût d’un chausson aux pommes… Dans la lignée de « L’année prochaine… Si tout va bien » de Jean-Louis Hubert ou de « La Gifle » de Claude Pinoteau, c’est un retour en arrière sur une époque qui semble désormais fantasmée, tant tout semble y être doux, utopique, tendre et souriant. « Clara et les Chics Types », plus que les autres films, c’est un baume qui fait du bien à nos gerçures et nos crevasses.

On y parle de souhaits, d’espoir, d’amitié, de petites trahisons, de mensonges, du temps qui passe et de ces amours qui se fanent avant même d’avoir été cueillis. On dirait qu’il y a cent ans, mille ans, ou même que cette époque n’a jamais existé, que tout est inventé, édulcoré. Entendre ces timbres de voix, ces tessitures. Revoir ces visages, ces gestes. Les ambiances, la lumière, les sons, tout cet univers d’avant, comme si entre-temps des drames terribles avaient eu lieu. Un monde qui aurait basculé. Non, ça n’est pas que de la nostalgie que de retrouver la bande du Splendid à leurs débuts ; Isabelle Adjani, si naturelle, c’est autre chose… Tous les acteurs que l’on voit dans le film sont eux aussi en devenir, avant qu’ils n’aient muté pour la plupart d’entre eux en institutions boursouflées. Tous, la trentaine à peine, jouaient pourtant déjà sur le registre de la nostalgie.

Les dialogues de Jean Loup Dabadie, comme si souvent, sont pleins de tendresse, de justesse, de cette petite musique mélancolique qui donne aussi aux films et aux acteurs pour lesquels ils sont écrits cette intemporalité. Et puis, il y a la musique de Michel Jonasz. Tout ce qui confère au film sa tonalité, cette façon de ne pas crâner, de ne pas s’imposer, mais qui au final trace des sillons, des scarifications et redéfinit nos émotions. C’est sur la cristallisation de ces infinis petits moments de bonheur que l’on serre entre ses mains très fort, mais qui s’envolent quand même. Pour cette phrase dite à la toute fin par Thierry Lhermitte se regardant dans une glace déformante… Ce que l’on devient ou pas. Ce que l’on est ou ce que l’on voudrait être.

C’est drôle mais c’est triste. C’est simple mais c’est grand.

 

 

Instant-City-Clara-et-les-Chics-Types-Affiche

 

 

Pour aller plus loin

 Dévoreur Hubertouzot

 Hubert Touzot : Photographe dévoreur d’images

 

 

 

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